Insomnies

Nouvelle période d’insomnies. Je dors par à-coups, le plus souvent deux ou trois heures d’affilé, puis je me relève, je prends quelque chose à boire, j’écoute de la musique… puis je me recouche pour deux ou trois heures de plus, et ainsi de suite.

J’ai commencé un suivi en hôpital de jour. Des activités de marche, de qi gong et d’activité physique adapté… en plus de mon suivi avec ma psychologue. J’espère que ça va m’aider à avancer. Le qi gong est vraiment particulier. Un travail sur la respiration et des gestes thérapeutiques, très lentes. Ça me fait du bien.

J’ai toujours du mal à lire, ça dure depuis un moment. J’ai quand même réussi à finir l’excellent, mais très bref, Les Demeurées de Jeanne Benameur. J’avais envie de pleurer par moments. Je me reconnaissais dans la petite Luce qui cherchait à échapper au trop (d’amour) de sa mère en brodant le prénom de sa maîtresse d’école sur un petit mouchoir pour celle-ci, pour Mademoiselle Solange. Il n’y avait pas de place pour Luce dans cette relation fusionnelle avec sa mère d’exister en tant que personne à part entier.

La Petite à l’intérieur de moi a refait surface, en particulier lors d’une séance très éprouvante avec ma psychologue. Elle, la Petite, ne cessait de répéter que c’était son temps à elle et qu’on le lui avait volé en parlant d’un entretien manqué. J’avais envie de la prendre dans mes bras, de la bercer, de lui dire que ça irait… et surtout, j’avais envie de réparer cette injustice en lui trouvant un nouvel entretien rien que pour elle. Elle le mérite tant. Pour de vrai.

Absence et retard

J’ai été assez absente des réseaux ces derniers temps. Juste un coup d’œil de temps en temps. Je n’ai presque pas su lire non plus. Du coup, j’ai du retard dans mes lectures et sur mon blog. Le décès de ma grand-mère y est probablement pour beaucoup. D’ailleurs, la cérémonie a été fixée au 9 octobre prochain. Je ne pourrai pas y aller aussi bien à cause du coût du voyage et parce que je n’ai pas de solution pour faire garder les loulous. J’irai sur sa tombe une autre fois me recueillir à ma façon.

Je passe mon temps à prendre soin de moi et des miens et j’ai pas mal de rendez-vous thérapeutiques pour m’aider à avancer. Mes soignants et autres aidants sont de très belles personnes qui m’aident beaucoup, ça fait du bien. J’ai vraiment un excellent suivi. Ça reste difficile quand même.

Aujourd’hui, je suis allée à Emmaüs dénicher d’autres livres. J’aime beaucoup chiner et je sors toujours avec une grande pile de livres. Les prix sont vraiment très attractifs et il y a un vaste choix. J’espère que ça va m’aider à me replonger dans les bouquins sans attendre. En ce moment, je lis Le Vampirisme au quotidien de G. Lopez. Un excellent ouvrage mais qui nécessite des pauses de réflexion par moments.

Mais sur ce je vais emmener ma puce faire une radio de ses pieds pour, espérons-le, découvrir pourquoi elle a mal et comment agir au mieux pour soulager sa douleur.

Grand-mère est morte

Ma grand-mère est morte. Ça fait déjà trois semaines, mais j’ai du mal à réaliser. La plupart du temps, je suis dans l’attente de notre prochain échange téléphonique. La cérémonie n’a pas encore eu lieu. C’est long en Suède. Généralement un mois. Pour ma grand-mère, tout porte à croire que les obsèques auront lieu le 17 octobre prochain, soit cinq semaines après son décès.

Hier, j’avais rendez-vous avec une très belle personne du CH, une infirmière. Nous avons travaillé la séparation à travers un atelier de tissage. J’ai pleuré quasiment tout au long. J’avais le droit de lui tenir les mains et elle m’a aidée à respirer quand je n’y arrivais pas seule. A un moment, je suis redevenue une petite fille de 5 ans et j’avais ma grand-mère auprès de moi. Elle était jeune, même pas cinquante ans, et belle.

Sinon une fatigue extrême. Je vais du canapé à l’ordinateur sans pouvoir faire quoi que ce soit. A part dormir ou juste me reposer. Rien n’y fait.

Sortir du déni

Pour plusieurs raisons, je n’ai jamais pu qualifier les gestes dont j’ai été victime de “viol” ou même seulement d'”agressions sexuelles”, préférant à ces deux termes l’expression “abus sexuels”. Aujourd’hui, avec l’écriture de mon livre Grandir, avec l’article-interview de Martine Roffinella, et plus récemment, avec l’affaire Epstein, je me rends compte que c’est non seulement un abus de langage mais un déni.

Petite, je n’ai peut-être pas été violée – et encore, je dis “peut-être” – mais j’ai bel et bien été agressée au plus profond de mon être. L’on a abusé (encore ce mot-là) de ma confiance et de ma situation de dépendance pour m’agresser. Physiquement, psychologiquement et sexuellement. J’ai longtemps cru avoir été à l’origine de ces agressions, que j’avais été la complice de ces actes, voire l’investigatrice d’une relation consentie. D’où le terme “abus sexuels” que j’ai longtemps défendu, à tort, en parlant d'”agressions sexuelles”. Du fait qu’il n’y a jamais eu de pénétration, presque jamais de douleur physique, mais au contraire, un certain plaisir, la honte a été ma compagne et je n’ai pas pu trouver les mots adéquats. L’impossibilité, pour moi, de qualifier quelque chose qui avait été source de plaisir d'”agressions”.

Ce n’est que récemment que j’ai compris que le plaisir que j’avais pu ressentir lorsque, à 9 ans, je me faisais agresser sexuellement, était non seulement mécanique – dans le sens où l’on peut éprouver ce sentiment, même enfant, lorsque l’on se fait caresser – mais surtout l’expression de l’hyper-sexualité dans laquelle on m’avait plongée quand, plus petite encore, j’avais été victime d’autres agressions sexuelles. C’était aussi, pour moi, une nécessité d’éprouver ce “plaisir” face au “déplaisir” que j’éprouvais dans d’autres situations au même moment, par d’autres personnes, où j’étais battue et où l’on me faisait mal physiquement.

Je pense – mais ce n’est qu’une opinion personnelle à prendre avec un peu de sel – que si les victimes d’Epstein et des autres dans ce réseau de violeurs comme dans d’autres réseaux similaires ont dû mal à se manifester, ont dû mal à qualifier ce qu’elles (et parfois ils) ont vécu de “viols”, c’est peut-être aussi à cause d’une difficulté à assimiler ces vécus à des agressions. Peut-être qu’elles (et ils) ont été leurrées, tout comme moi, à croire qu’elles (et ils) étaient à l’origine d’une relation consentie, peut-être qu’elles (et ils) ont reçu des cadeaux ou de l’argent, sources de plaisirs aussi quand on est jeune, peut-être que, comme moi, elles (et ils) ont eu à “choisir” ce qui leur faisait “le moins mal”, du moins physiquement.

Peut-être.

Dans tous les cas, aujourd’hui, j’affirme avoir été agressée. Sexuellement. Et je comprends les réactions des gens (Dr Muriel Salmona, MiKohiyama parmi d’autres) sur les réseaux qui dénoncent le traitement de l’affaire Epstein et l’abus de langage qui sévit dans la presse française.

Il est temps de sortir du déni (hein, Le Monde ?) et d’abus du langage pour qualifier ces gestes pour ce qu’ils sont : du trafic humain, des viols et des agressions sexuelles sur mineur(e)s.

Avant ses vacances

Dernier entretien avec ma psychologue avant ses vacances. C’était un très bon entretien. Nous avons parlé de Torey L. Hayden, une auteure américaine que je lui avais fait découvrir, de la suite des aventures avec ma mère, de ma crainte, avant de connaître ma nouvelle psychologue, qu’elle ne soit trop jeune, de mon travail de refonte de ce site et du fait que, par ces actions, je partais à la recherche de moi-même tout en délimitant un peu plus les contours de ma personne. C’était une discussion très stimulante et j’ai voulu partir sur ça. Sur le fait que je délimitais les contours de moi-même. Comme si je dessinais une carte.

Ça me fait du bien de choisir quand je pars. Même s’il reste quelques minutes de la séance. D’avoir le choix. Dire “j’ai envie de m’arrêter là”, qu’elle l’accepte et met fin à l’entretien.

La preuve

L’autre jour, je ne sais plus quand, j’étais en train de discuter avec ma psychiatre. Je lui ai demandé si elle avait reçu mon dernier mail. Elle m’a répondu que non, puis elle l’a consulté pendant la séance. Suite à sa lecture, elle m’a demandé le pourquoi de cette syntaxe. Je lui ai répondu que M et Petite s’expriment ainsi. Ce qui est vrai.

Mais sa question m’a projetée dans l’incertitude et le doute. Peut-être que ce n’est pas vrai ? Peut-être que je mens sur toute la ligne. Ou, si je ne mens pas consciemment, peut-être que c’est juste dans ma tête ?

Alors en rentrant, j’ai fouillé dans ce que j’appelle “les archives”. Des lettres et d’autres textes sans destinataire précis. J’ai notamment lu des vieilles lettres à mon médecin traitant. Il y en avait plein. Des centaines de pages.

J’y ai trouvé ce que j’étais venue chercher. La preuve, pour moi en tout cas, que M et Petite existaient déjà à cette époque, en 2005, et utilisaient la même manière de s’exprimer. La même syntaxe. J’ai même retrouvée Lil Miss Perfect que j’avais complètement oubliée. Ça m’a fait du bien de la retrouver, elle aussi, même si elle n’a jamais fait partie de mes préférées.

De là est né plusieurs besoins. Pour commencer, le désir d’en apprendre plus sur la dissociation, en particulier le trouble dissociatif de l’identité, de m’informer, puis, ce faisant, de mettre mes propres mots sur cet état. Ensuite, une envie de partage, tout en me protégeant et en mettant mes limites. Enfin, le besoin de remettre de l’ordre sur mon site et de travailler à sa refonte.

Tout ça à cause d’une question.

Canicule

Il fait trop chaud. Plus de 40 °C à l’ombre en journée. Impossible de faire quoi que ce soit par une chaleur pareille, il faut attendre 22h pour commencer à vivre. Cela étant, le linge sèche à une vitesse folle dehors. Le jardin est en fleurs et il commence à y avoir des groseilles. Heureusement que nous avons une petite source qui nous permet d’arroser tout ça sans prendre l’eau du robinet.

Sinon j’ai été malade pendant 10 jours. Une bronchite ou quelque chose de ce genre. Un virus avec fièvre et grosse toux. Heureusement que je suis allée chez le médecin, parce qu’il m’a prescrit des antibiotiques, un sirop, de la ventoline et je ne sais pas quoi d’autre. La totale. Du coup, je n’ai pas pu aller à la réunion bisannuelle pour mon travail. J’étais encore fiévreuse et me voyais mal conduire 100 km, prendre le train, assister à la réunion et faire le même chemin retour, le tout en une journée, avec cette fièvre et cette toux.

Je ne suis pas très présente sur les réseaux en ce moment parce que j’ai énormément de travail. Mon travail habituel puis une mission en linguistique en plus. Du coup, je n’ai même pas le temps de lire en ce moment. Mais c’est avec un plaisir non dissimulé que je vous annonce que mon livre Grandir a fait l’objet d’un très bel article-interview par Martine Roffinella, sur son site Sous le pavé, la plume…. Je suis sincèrement ravie pour la magnifique lecture qu’elle en a fait et pour ses questions qui m’ont permis de partager autour de la genèse du livre, du lien thérapeutique avec ma psychologue, etc.

Mon mari est enfin en vacances et nous allons bientôt fêter d’abord les 13 ans du grand puis mes 40 ans. Nous allons essayer d’aller dans un parc d’attractions cet été. Les enfants en raffolent.

Dimanche

Dimanche. Bientôt la reprise. Conduite des enfants, puis ma psychologue, puis aller chercher ma fille, puis faire à manger, la conduire chez la pédo-psychiatre (quelqu’un de très bien), aller chercher un pantalon ou deux pour mon fils qui en a bien besoin, surtout depuis qu’il est tombé en jouant au loup et s’est fait quelques trous supplémentaires sur l’un des rares pantalons encore potables, aller chercher mon fils, faire le dîner et puis, voilà, encore une journée de faite.

Toute la semaine prochaine ressemble à peu de choses près au lundi. Beaucoup de conduites et beaucoup de rendez-vous. Et vendredi, si tout se passe bien (et il n’y a pas de raison à ce que ça ne se passe pas bien), je reprends mon travail après presque trois semaines d’arrêt.

Mon arrêt m’a fait beaucoup de bien. Les crises d’angoisse ont bien diminué avec mon nouveau traitement et je ne me sens plus paralysée. J’ai beaucoup dormi, j’ai joué un peu à la console, j’ai fait quelques démarches administratives – il le faut bien – j’ai fait le ménage et les repas, nous avons eu un petit invité à la maison et j’ai lu. Ma dernière lecture a été celle d’une nouvelle signée Martine Roffinella et intitulée Sang Fille. J’ai été percutée de plein fouet et j’en parle dans la partie Bibliothèque de mon site.

Ma prochaine lecture sera probablement L’Enfant Méduse de Sylvie Germain. Un livre qui attend depuis trop longtemps que je me penche dessus.

Bêta-lecture

J’ai eu l’immense plaisir de me voir confier la bêta-lecture d’un roman qui est vraiment excellent et que j’ai hâte de voir paraître dans les rayons. C’est rare que je sois enthousiaste à ce point, mais je ne manquerai pas de vous en reparler lorsque ce sera le moment.

Sinon rien de neuf. Je suis très fatiguée, je me remets doucement de ma dernière rechute dépressive et je suis en arrêt pour encore dix-quinze jours. J’ai vraiment envie de reprendre mon travail, en même temps que je suis encore fragile. J’ai quand même réussi à envoyer ma demande d’inscription en sixième année de doctorat et, en même temps, ma demande de césure. On verra bien si ce sera l’une ou l’autre.

L’autre Christine fait son petit bonheur de chemin et a déjà reçu un 5 étoiles sur Amazon et un commentaire très sympa sur Facebook. Grandir est également parvenu à destination de quelques-un(e)s qui m’en ont donné des nouvelles sur les réseaux. J’ai hâte d’être lue, en même temps que j’appréhende un peu.

J’ai aussi le plaisir de vous annoncer qu’un court texte de ma plume sera publié sur Parlons-anges, une page Facebook dédiée au deuil périnatal. C’est pour moi une honneur et je ne manquerai pas de transmettre le lien direct dès qu’il sera disponible.

En parallèle, j’ai commencé la rédaction d’un nouveau roman, mais ça avance très lentement, surtout que je ne suis pas encore rétablie et que les médocs ne font pas encore vraiment effet. Mais voilà, c’est dit. Un nouveau projet est né !

Grandir est sorti !

Ma première publication, Grandir, est enfin sorti ! – lien commercial sur le côté droit du blog. J’ai eu mes exemplaires auteur et je suis ravie du résultat. Les premiers exemplaires dédicacés partiront demain dans la matinée.

J’ai aussi publié en auto-édition sur Amazon un court texte qui me tenait à cœur et qui ne demandait qu’à sortir, L’autre Christine, et je suis ravie d’avoir obtenu un 5 étoiles de l’une de mes premières lectrices. Je n’envisage pas (encore) de le sortir au format broché, mais il est disponible au format Kindle et inscrit au KDP Select pour les abonnés.

Sinon rien de particulier. Les vacances de Pâques sont finies (mais pas les œufs en chocolat), les loulous de retour à l’école, et je vais bientôt faire ma demande d’inscription en 6e année de doctorat et, en parallèle, une demande de césure d’une année pour raisons médicales. On verra ce qu’il en sortira. J’ai besoin de souffler, dans un cas comme dans l’autre, en même temps que j’ai besoin de garder un pied dans l’univers de la fac. Ma directrice est très compréhensive, en plus d’être quelqu’un de très compétente, ça fait du bien.

J’ai repris goût à la lecture et je viens de terminer Dies Irae de Danièle Saint-Bois dont j’ai fait une petite chronique dans la Bibliothèque. Je n’en dis pas plus ici, si ce n’est que j’ai vraiment apprécié ce roman et que j’ai envie de poursuivre sur ma lancée avec les autres textes de Danièle Saint-Bois.